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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUne horloge en or, une couronne, un Boeing… Donald Trump a été couvert de cadeaux dans le récent ballet de rencontres officielles ou en marge. Dans les chancelleries du monde entier, la préparation de présents diplomatiques relève d'une pratique aussi ancienne que codifiée. Quelle est la frontière entre cadeau et corruption ? Invité : Ludovic Iberg, docteur en sciences politiques Présentation : Laurent Huguenin-Elie Au sommaire : 00:00 Cadeaux en or, jeux de pouvoir 02:33 Donald Trump, un président couvert de cadeaux 05:29 Ludovic Iberg: "Lingots d'or et montres de luxe, ce n'est pas l'aspect qu'on veut projeter sur la scène internationale" 13:15 La diplomatie du cadeau ou l’histoire des relations entre les Etats 16:39 Ludovic Iberg: "Projeter l'image d'un pays à travers le cadeau diplomatique" 20:31 Le panda, arme diplomatique de la Chine 23:19 Ludovic Iberg: "Ce qui est très intéressant, c'est l'animal choisi pour représenter un pays" L'intervention des cinq grands patrons suisses a fait grand bruit. Reçue dans le bureau ovale début novembre, la délégation, composée entre autres du directeur général de Rolex, a offert une horloge en or et un lingot personnalisé à Donald Trump. Quelques jours plus tard, Berne et Washington annoncent l’abaissement des droits de douanes pour les produits suisses de 39% à 15%. En Suisse, trois dénonciations pénales sont déposées, notamment de conseillers nationaux Verts pour soupçons de corruption. Alfred Gantner, co-fondateur de Partners Group, est l'un des entrepreneurs qui ont rencontré le président américain. Il justifie leur démarche : "Quand on se rend dans le bureau ovale, la coutume veut que l'on apporte un cadeau. C'est d’usage également lors de visites d’Etat. Ce qui est important c’est la forte symbolique de ces cadeaux, pas leur valeur matérielle. Ils ne sont d’ailleurs pas destinés à Donald Trump mais au peuple américain, à la librairie présidentielle." - Une longue histoire Dans les chancelleries du monde entier, la préparation de présents diplomatiques relève d'une pratique aussi ancienne que codifiée. Dans le cas des patrons suisses, la démarche n'est pas nouvelle, explique Ludovic Iberg, docteur en sciences politiques, invité dans l'émission Géopolitis. "C'est un retour à des formes anciennes de diplomatie qui ont historiquement favorisé l'Etat suisse et dans lequel les privés ont toujours joué un rôle important." Mais cette mise en scène a échappé au gouvernement suisse, selon lui. "On le voit bien dans les discours, on aime bien mettre en avant la petitesse de la Suisse. (...) On voit ici, on est dans tout l'inverse, (...) on est dans les lingots d'or, les montres de luxe. Et ça, c'est un aspect qui est bien sûr dérangeant. Ce n'est pas l'aspect qu'on veut projeter sur la scène internationale. Le gouvernement suisse a toujours réussi à faire prospérer les grandes entreprises par cette image d'un petit pays humble, peu sûr de sa propre force", poursuit l'auteur de l'ouvrage "Le grand patronat suisse et l’Europe (1957–1984)" (Ed. Alphil, 2024). - Frontière entre cadeaux et corruption L'intervention du patronat suisse et de ses présents en or a-t-elle pour autant été déterminante dans l'abaissement des taxes ? Aux Etats-Unis, au-delà de 480 dollars, un cadeau offert au président américain ne peut pas être conservé à des fins personnelles, il est considéré comme un don à la nation. "On sait que durant son premier mandat, c'est aussi le cas durant son second mandat, ces règles n'ont pas été respectées", affirme Ludovic Iberg. Une enquête parlementaire de démocrates à la Chambre des représentants fait notamment état d'une centaine d'objets qui n'auraient pas été déclarés par la famille Trump entre 2016 et 2021. Si les règles juridiques définies par les différents codes pénaux des Etats établissent la frontière entre cadeau et soupçons de corruption, l'aspect politique n'est pas à négliger, selon lui. "Est-ce qu'on corrompt un président américain milliardaire à coup de cadeaux en or ? questionne-t-il. "Leur valeur financière est importante pour le commun des mortels, mais à l'échelle de Donald Trump, ils ont une valeur toute relative." L’art de projeter l’image du pays Les cadeaux diplomatiques sont aussi des fragments d‘histoire, qui racontent à leur manière l’amitié et les aléas des relations entre les Etats. Les cerisiers japonais en fleurs à Washington par exemple, qui attirent chaque année plus d’un million de visiteurs, symbolisent l’amitié entre les Etats-Unis et le Japon. En 1912, 3000 premiers plants sont offerts par le maire de Tokyo, en remerciement du soutien américain pendant la guerre russo-japonaise. Plus récemment, Donald Trump reçoit de la Corée du Sud une couronne, reproduction d'une parure d’un ancien royaume ou encore un Boeing 747 estimé à 400 millions de dollars de la part du Qatar, via le département de la Défense américain. Le site de Géopolitis : https://www.rts.ch/emissions/geopolitis/ #cadeaux #diplomatie #trump


















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