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Le Dernier des Templiers est un film d’aventure médiévale, sur un fond d’horreur occulte autour d’une histoire sur la désillusion des croisades …

4 days ago 36

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Le Dernier des Templiers (Season of the Witch) est un film d’aventure fantastique américain de 2011 réalisé par Dominic Sena, écrit par Bragi Schut, et mettant en vedette Nicolas Cage et Ron Perlman. Cage et Perlman incarnent des chevaliers teutoniques qui, de retour des croisades, découvrent leur patrie ravagée par la peste noire. Deux dignitaires de l’Église accusent une jeune femme (Claire Foy) d’être une sorcière responsable de l’épidémie. Ils ordonnent aux deux chevaliers de la transporter dans un monastère isolé afin que les moines puissent lever son sort. Ce film marque les retrouvailles de Sena et Cage, qui avaient déjà collaboré sur 60 secondes chrono.

Le développement du film a débuté en 2000 lorsque le scénario original de Schut a été acquis par MGM. Le projet est ensuite passé de MGM à Columbia Pictures, puis à Relativity Media, où il a finalement été produit par Charles Roven et Alex Gartner. Le tournage s’est déroulé principalement en Autriche, en Hongrie et en Croatie. Le Dernier des Templiers est sorti le 7 janvier 2011 aux États-Unis, au Canada et dans plusieurs autres territoires.

Le studio Tippett a conçu le démon qui apparaît lors du point culminant du film. Les directeurs artistiques ont étudié des gravures sur bois et d’autres œuvres d’art à la recherche d’apparences démoniaques classiques. Les réalisateurs souhaitaient une entité « souple et féminine », et l’équipe des effets visuels a conçu un démon doté de « pieds fourchus, d’une cheville de chien et d’une patte de faon ». La conception des effets visuels pour les ailes du démon a constitué le plus grand défi, car les ailes ont tendance à gêner les mouvements ou à manquer de réalisme. Les réalisateurs ont également demandé des trous dans les ailes du démon. L’équipe a conçu des trous d’apparence usée plutôt que déchirée, car des trous déchirés auraient nécessité un effet de flottement supplémentaire.

Le démon devait également avoir la peau gris foncé, ce qui a représenté un défi pour l’équipe dans les décors sombres du film. Blair Clark, de Tippett, a déclaré : « Nous avons traité la peau comme celle d’une momie en décomposition : pas trop humide, mais avec de nombreuses marques d’usure. » Le dernier plan d’effets visuels de l’équipe était la mort du démon, et ils ont étudié des films précédents et la terminologie utilisée pour la conception des morts de démons. Ils se sont inspirés de Hellboy (2004), où ils se sont concentrés sur la montée en puissance jusqu’à la mort du démon. Clark a expliqué : « Nous l’avons construit sur une série de plans pour que cela ne se produise pas en un seul plan. Nous avions de petites zones sur le démon qui commençaient à se fissurer et qui produisaient une lueur donnant l’impression qu’il brûlait de l’intérieur. »


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➽ L’âge des ténèbres, ou l’instrumentalisation de Dieu

Par Jérémy B. (Sens Critique), le 19 janvier 2022

Le Dernier des Templiers (de son vrai titre beaucoup plus conforme “Season of the Witch”, traduit “Saison de la Sorcière”) de Dominic Sena, est un thriller psychologique sur fond d’horreur occulte autour d’un récit concentré sur la désillusion des croisades menées par les chevaliers Behmen et Felson qui après la désertion des guerres religieuses sont amenés à escorter une sorcière présumée à l’abbaye de Severac, où se trouvent les incantations du Livre de Salomon capable de l’exorciser et par là même de mettre fin à la terrible peste faisant rage, selon les dires du prêtre Debelzac. Un film d’aventures lorgnant sur une intrigue à suspense dont on se demande si l’accusé est réellement une sorcière ou bien une innocente que l’on conduit sur le bûcher, seulement des choses étranges se produisent durant le trajet et les soupçons de sorcellerie envers la fille ne cessent de croître. Une perception surnaturelle empreint de subtilité grâce à une approche nuancée sur la religion avec l’instrumentalisation de « Dieu » qui devient un prétexte pour le sang d’innombrables innocents versés en son nom. Inquisition, croisades religieuses, peste noire, chasses aux sorcières, un condensé de brutalités faites au nom du Seigneur pour une des périodes les plus horribles de l’histoire de l’humanité instrumentalisée par l’Église afin d’utiliser ses influences sur le petit peuple pour en conserver le contrôle.

Le Dernier des Templiers est une aventure médiévale d’horreur et d’action au rythme haletant et à la symbolique épique qui s’ouvre sur des grandes batailles historiques impressionnantes se déroulant durant les croisades avec la guerre du Golfe d’Edremit en 1332 après J.C., le Siège de Tripoli en 1334 après J.C., la Bataille d’Imbros en 1337 après J.C., la Bataille d’Artah en 1339 après J.C., ou encore la Bataille de Smyrne en 1344 après J.C. Des batailles tendues et sanglantes avec une masse de foule dans de grands espaces qui vont tout à coup virevolter en un récit climatique refermé et intimiste qui trouvera un point culminant claustrophobique lors d’un final inattendu dans une abbaye austère. Un changement de ton et de porté intelligemment amené par le cinéaste qui de film historique à l’épée bascule le récit dans une pièce d’époque fantastique atmosphérique où l’occultisme et la sorcellerie prédominent. Une approche intelligente qui confère au récit une curiosité évidente quant à savoir où l’intrigue va nous entraîner, favorisant la surprise au cours d’une histoire intrigante où une pléthore de péripéties attendent les personnages. Une pièce médiévale engageante pleine d’action avec des exorcismes et des combats à l’épée autant abondant que surprenant durant lesquels des adversaires tels que des guerriers païens, des loups possédés, des démons, des sorcières, ou encore des zombies se confrontent à nos chevaliers qui allègrement vont trancher de nombreuses têtes durant des confrontations excitantes, où la tension se joint au gore durant une séquence particulièrement tendue et efficace lors de la traversée d’un pont endommagé. Le final terminera de basculer le récit dans une conduite horrifique face à un adversaire redoutable. Un condensé offrant un bon divertissement avec beaucoup de rebondissements, de dissensions, et d’expectatives.

La période et l’ossature seigneurial et moyenâgeux offrent une projection de fond immersif par le biais d’une ambiance fortement imprégnée par une texture dogmatique et dramatique sur une cinématographie médiévale sombre, gothique et granuleuse représentée par une alternance de beaux paysages autant inquiétants que somptueux avec des montagnes spectaculaires, des châteaux imposants, des abbayes inquiétantes, des villages fantomatiques, des forêts lugubres étouffantes… Une atmosphère nauséabonde, poisseuse et inquiétante se dégage tout du long avec une peste qui gravite tel un ectoplasme imperceptible alimenté par un épais brouillard maussade qui termine d’installer un contraste crédible et solide. Le travail de caméra est efficace avec un rendu du cadre intéressant appuyé par des dialogues affinés. Une perspective graphique intelligente. Les effets spéciaux au même titre que les maquillages et les costumes sont bons. La partition musicale d’Alti Orvasson est efficace avec des titres atmosphériques. Malgré la bonne volonté du cinéaste dans chaque plan le manque de budget se fait un minimum ressentir offrant une limite au positif artistique relevé et à l’impact de la portée cinématographique, néanmoins il parvient avec peu à faire beaucoup ce qui explique par là même la courte durée du spectacle.

Nicolas Cage en tant que Behmen de Bleibruk est un guerrier de Dieu, plus précisément un Templier radical ayant tourné le dos à l’Église après une croisade particulièrement sanglante durant laquelle il tuera une innocente qui lui fera perdre sa ferveur envers l’Église. Nicolas Cage fut intéressé par le projet qu’il voyait comme un hommage aux films des années 60 de Roger Corman et plus précisément de la Hammer, qui mettait continuellement en vedette Christopher Lee, qui justement fait une apparition en tant que Cardinal D’Ambroise. L’histoire d’amitié qui lie Behmen à son frère d’armes qui le suit partout et partage toutes ses mésaventures « Felson », par Ron Perlman, est touchante. Leur rapport est aussi solide qu’amusant. On se prend d’affectation pour les deux hommes que Nicolas Cage et Ron Perlman incarnent parfaitement avec une interaction entre les deux plutôt formidables venant enrichir le scénario (mention spéciale à Ron Perlman). Clin d’œil très amusant, Felson par Ron Perlman explique dans le film qu’il préférerait être pendu plutôt que d’être brûlé pour désertion, on peut y voir un lien avec « Au nom de la Rose » sortie en 1986 dans lequel il termine brûlé vif sur le bûcher. La plupart des autres personnages sont suffisamment complexes pour échapper aux clichés, avec des acteurs plutôt bons. Claire Foy dans son premier rôle pour Anna est convaincante, le mystère autour de celle-ci est bien entretenu. Robert Sheehan pour Key en tant que jeune entêté qui ne recule devant aucune difficulté pour devenir chevalier est crédible. Stephen Campbell Moore sous les traits du prêtre Debelzac est excellent, on met du temps à comprendre si c’est un homme bon ou un vicelard. Stephen Graham pour Hagamar le guide, est un escroc qui apporte l’aspect terrifié par les évènements. Enfin, Ulrich Thomson en tant que Eckhart chevalier en deuil apporte une lecture intéressante quant au jugement rapide de l’Église à accuser une enfant de sorcellerie.

CONCLUSION :

Le Dernier des Templier de Dominic Sena est un film d’horreur/action/aventure/médiévale mélangeant différents styles à travers des décors magnifiques appuyé par une cinématographie à la hauteur malgré un budget moindre. Un récit mouvementé alimenté par un suspense constant autour d’un divertissement plus profond qu’il n’y paraît apportant un contraste macabre saisissant autour de personnages savoureux.

Un film mineur grandement sous-estimé pour un divertissement à la hauteur.

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30 mai 2026

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