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Un article du critique d’art indépendant, Émile Laurent : Guy Boulianne révise officiellement la politique tarifaire de ses œuvres d’art originales

16 hours ago 11

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À compter de 2026, les œuvres originales de Guy Boulianne sont proposées selon une politique tarifaire révisée. Cette révision n’est ni une simple augmentation, ni une expertise indépendante de valeur marchande. Elle marque le passage d’une phase de relance, ouverte en 2025 au moment du retour à la peinture, à une phase de structuration du catalogue : séries identifiées, formats distingués, originaux séparés des reproductions, prix historiques conservés dans la documentation, et prix de référence contemporains établis pour les œuvres encore disponibles comme pour celles à venir.

Une politique, pas une fluctuation

Lors de la reprise des activités picturales, plusieurs originaux ont été proposés directement au public dans une fourchette relativement accessible. La documentation de cette première phase indique des prix allant notamment de 480 $ à 1 300 $ CA, selon les formats et les séries. Certaines œuvres ont été acquises. D’autres demeurent disponibles. Cette grille de relance a rempli son office : remettre des toiles en circulation, rencontrer de premiers collectionneurs, éprouver des formats, nommer des ensembles.

Elle n’a pas vocation à rester la référence permanente. Une toile proposée au moment où l’atelier se reconstituait n’occupe pas la même place, un an plus tard, dans un ensemble nommé, photographié, certifié et rattaché à une histoire plus longue. La politique 2026 remplace donc progressivement la grille de relance, sans réécrire les transactions déjà conclues. Le prix public devient un élément de catalogue, au même titre que le titre, l’année, la technique, les dimensions, la série et le certificat. Il n’est plus un chiffre ajusté au cas par cas.

Quatre décennies, et non un commencement

Cette révision ne se comprend qu’à la lumière du parcours. Guy Boulianne, né en 1962 à Montréal, entre dans la vie culturelle québécoise en 1983 avec Avant-propos d’un prince fou, suivi en 1987 de La bataille des saints. La même année 1983, il est nommé au conseil d’administration du Regroupement des auteurs-éditeurs autonomes. La littérature n’est pas, chez lui, un à-côté tardif de la peinture, pas plus que la peinture n’est un à-côté tardif de l’édition. Les deux pratiques se sont croisées tôt.

La rencontre du peintre Pierre Corbin le conduit vers les galeries. De 1984 à 1987, il codirige Frère Jérôme et Lézart. Trois expositions solo ont lieu à Lézart, en 1986, 1987 et 1988. Le 19 septembre 1989, il ouvre sa propre galerie, Imagine, au troisième étage du Cooper Building, boulevard Saint-Laurent. Le livre d’or de Lézart garde la trace d’un regard de Frère Jérôme, qui y notait un talent « magnifique ».

Suivent d’autres décennies, consacrées à la recherche, à la chronique et à l’édition : Conseil franco-québécois de la culture en France en 1997, direction des éditions Mille Poètes de 2005 à 2009, fondation des Éditions Dédicaces en 2009. Le retour à la peinture, en 2025, n’est donc pas l’apparition d’un débutant. C’est la réactivation d’un geste déjà pratiqué dans le Montréal des années 1980.

La biographie Guy Boulianne : Un Prince en Exil, de Fabien Lacroix, publiée en 2026 aux Éditions Dédicaces, consacre un chapitre à cette renaissance. La politique tarifaire s’adosse à cette continuité sans convertir quarante ans de carrière en coefficient. Elle en fait une provenance : œuvre signée, datée, rattachée à une série, accompagnée d’un certificat.

Quatre séries contemporaines

Depuis 2025, la production s’organise autour de quatre ensembles. La grille 2026 s’appuie sur eux, plutôt que sur une liste indistincte de toiles.

Renaissance du Prince fou renoue avec le recueil de 1983. Le titre n’est pas une coquetterie : il désigne le fil qui relie le jeune poète du début des années 1980 à l’artiste qui reprend le pinceau plus de quarante ans plus tard. L’œuvre qui ouvre la série n’inaugure pas seulement un retour. Elle le nomme.

Fenêtres sur l’espace explore une abstraction plus gestuelle — mouvement, superposition, tension entre désordre et équilibre — sur des formats variables, certaines toiles seules, d’autres en ensemble. Géométrie variable reprend, à plus petite échelle, la mémoire de grands tableaux de la fin des années 1980 : triangles, rectangles, polygones, contours nets. Ces œuvres, comme celles de l’hommage qui suit, ont d’abord été pensées pour des toiles de 40,6 × 50,8 cm, soit 16 × 20 pouces. Hommage au frère Jérôme compte quatre pièces numérotées. Ce n’est pas une reconstitution de la période montréalaise, mais une adresse : projections, lignes dynamiques, filiation assumée.

Deux toiles de dimensions voisines peuvent dès lors ne pas recevoir le même prix, selon qu’elles ouvrent une série, appartiennent à un ensemble fermé ou ont déjà rejoint une collection privée.

Les photomontages historiques, catégorie à part

La politique 2026 distingue aussi les photomontages de la première période montréalaise. Solitude, Guerre perpétuelle, Jeux de dupes, Hypocrisie et Obsession ne sont pas des images d’appoint. Ils documentent une pratique antérieure au long détour par l’édition. Leurs prix historiques — 750 $ CA pour les quatre premiers, 500 $ CA pour Obsession — restent inscrits dans les archives. Ils ne constituent plus le prix de référence.

Au catalogue 2026, ces originaux historiques sont positionnés ainsi : 1 200 $ CA pour Solitude et Guerre perpétuelle ; 1 250 $ CA pour Jeux de dupes et Hypocrisie, dont le format justifie un léger écart ; 900 $ CA pour Obsession, plus petite. Présentés ensemble, ils forment une collection documentaire d’une valeur de catalogue de 5 800 $ CA. Vendus séparément, ils ne font pas l’objet d’une remise qui annulerait la nouvelle grille. Les afficher en promotion, ancien prix barré à côté du nouveau, reviendrait à défaire ce que la révision cherche à établir. Le collectionneur n’achète pas une ancienne image soldée. Il acquiert un original témoignant d’une période précise, accompagné de son certificat.

Ce qui entre dans le prix

À compter de 2026, le prix d’un original ne se déduit plus de la seule superficie, ni du seul temps de travail. La grille tient compte du format, de la technique, de la série, de la cohérence de l’œuvre avec l’ensemble, de son caractère unique, de sa rareté, de sa place dans le parcours, de son éventuelle appartenance à un polyptyque, de sa documentation et de son statut de pièce de collection.

Une formule peut aider à comparer des formats. Elle ne décide pas. Une toile comparable à une autre ne saurait être proposée très en dessous sans une raison que le catalogue puisse énoncer. La cohérence importe autant que le montant.

À titre indicatif, les originaux de 16 × 20 pouces des séries contemporaines se situent désormais autour de 1 500 $ à 1 800 $ CA, selon la série. Les formats plus importants de Fenêtres sur l’espace relèvent de niveaux supérieurs. Les œuvres majeures font l’objet d’une tarification individualisée. Quatre paliers permettent de s’orienter : œuvres historiques ; originaux contemporains de format courant ; grands formats et pièces particulièrement significatives ; œuvres majeures, traitées une à une. Un photomontage des années 1980 n’est pas mis en concurrence avec une toile de 2026, et cette toile n’est pas vendue comme un premier essai.

Trois portes, et non un seul prix

L’accès à l’univers de l’artiste ne passe pas uniquement par l’original. La politique 2026 sépare nettement trois régimes.

L’original est une pièce unique, signée, accompagnée d’un certificat d’authenticité. Il porte le geste, la matière, les accidents de la surface, l’histoire propre de l’objet. Son prix relève de la collection.

L’édition limitée offre un palier intermédiaire, lorsque l’atelier choisit de la proposer : un nombre arrêté d’épreuves, une numérotation, une clôture de l’édition.

La reproduction Fine Art — toile ou papier d’art, en édition ouverte — permet à un public plus large d’entrer dans les séries, à un prix qui n’est pas celui de l’original. Cartes, petites impressions et affiches peuvent prolonger cette diffusion, sans être confondues avec l’œuvre.

C’est le point sensible de la révision. Une reproduction présentée comme un original, ou un original proposé à un prix de reproduction, brouille les deux. L’atelier peut demeurer abordable sans devenir bon marché : carte, impression, édition, original et pièce majeure n’appellent pas le même geste, mais appartiennent au même univers.

Les prix historiques ne sont pas effacés

La nouvelle grille ne réécrit pas le passé. Une œuvre vendue à 480 $, à 750 $ ou à 1 300 $ CA durant la phase de relance conserve le prix de sa transaction. Ce montant demeure dans la documentation interne. Il n’est pas, sur la fiche des œuvres encore disponibles, affiché comme un ancien prix barré.

Fragmentation illustre la distinction. Cette acrylique sur toile, 40 × 30 pouces, soit 101,6 × 76,2 cm, a été acquise au prix historique de 1 800 $ CA et appartient à une collection privée. Ce prix est celui de la transaction. La politique 2026 ne le transforme pas rétroactivement. Une œuvre majeure comparable, produite aujourd’hui, peut en revanche être positionnée autrement, selon son format, sa série et l’état du catalogue. Prix historique et prix de référence contemporain coexistent, sans se contredire.

Pour qui a acquis une toile dans la première phase, rien n’est repris. La pièce garde sa provenance et son prix d’acquisition. L’écart éventuel avec la grille ultérieure fait partie de l’histoire de l’œuvre. Il n’est ni une moins-value, ni une promesse de plus-value.

Ce que cette révision n’est pas

Il importe de le dire avec la même netteté que le reste. La politique tarifaire 2026 résulte d’une réflexion sur le parcours, la production récente, la structuration des collections et la stratégie de diffusion. Elle a été élaborée à l’aide d’une analyse de positionnement du catalogue : formats, séries, œuvres déjà vendues, prix historiques, distinction entre originaux et reproductions. Elle n’est pas une expertise indépendante au sens professionnel du terme. Aucun évaluateur externe n’a, dans ce cadre, certifié une valeur marchande. Si une telle expertise était un jour mandatée, elle serait nommée, datée et distinguée de la présente grille.

Elle n’est pas non plus une garantie d’appréciation financière. Le prix d’une œuvre dépend de facteurs nombreux et peut évoluer. L’objectif est une cohérence, et une référence stable pour les collectionneurs, les encadreurs, les galeries et les plateformes. Le même prix a vocation à figurer sur le site, dans les catalogues destinés aux encadreurs et, lorsque l’œuvre y est proposée, sur les plateformes, sous réserve des écarts justifiés par le support ou les frais d’un intermédiaire.

Une grille appelée à durer, non à se figer

La politique 2026 n’est pas une règle intangible. Une révision périodique pourra tenir compte des ventes réalisées, des séries nouvelles, de la rareté des pièces encore disponibles et de l’évolution du positionnement. Il ne s’agit pas d’augmenter les prix chaque année par principe, mais de ne les modifier que lorsque le catalogue ou la nature des œuvres le justifie. Une progression éventuelle, si elle advient, sera annoncée. Elle ne sera pas glissée en silence d’une fiche à l’autre.

Lorsqu’une œuvre est vendue, son statut change et son historique demeure. Lorsqu’une série s’ajoute, elle entre dans la structure existante. Les premiers acquéreurs détiennent ce qu’ils ont acquis, au prix où ils l’ont acquis.

Une étape de catalogue

Les séries ouvertes depuis 2025 prolongent une histoire commencée en 1983, du prince fou à l’hommage rendu à Frère Jérôme. Changer les prix sans changer la manière de présenter les œuvres n’aurait servi à rien. À partir de 2026, chaque original est appelé à figurer dans un catalogue qui en précise la série, la technique, les dimensions, l’année, le statut, la provenance et le prix. Les originaux demeurent en quantité limitée. Les reproductions permettent de découvrir les mêmes univers sans confondre l’épreuve et la pièce unique.

C’est le sens de cette révision : non pas fermer la porte, mais indiquer clairement laquelle on ouvre.

POUR DÉCOUVRIR LES ŒUVRES

Œuvres originales :
www.guyboulianne.com

Site officiel :
www.guyboulianne.info

Éditions et reproductions :
Consultez le site internet officiel de Guy Boulianne pour découvrir les différentes possibilités offertes aux collectionneurs et aux amateurs d’art. ◾


En savoir plus sur Les œuvres d’art de Guy Boulianne

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